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Agen : 13-14 juillet 2018- Défilé militaire -Statue de la Marseillaise





 

Un défilé rehaussé par la présence de la délégation allemande de Dinslaken

13-14-Juillet 2018 : Fête National « AGEN »

 

 

Le défilé à pied du 48e Régiment de transmissions d'Agen./ Photos Jean-Michel Mazet

 

La ville jumelle de Dinslaken était représentée par son maire, hier au défilé militaire du Gravier. Une nouvelle illustration, en bord de Garonne, des liens indéfectibles liant les deux rives du Rhin.

 

Environ un millier de personnes ont assisté hier au défilé militaire lançant sur Agen les cérémonies de la fête nationale. Comme le veut la tradition, cette manifestation patriotique s'est déroulée face au Gravier (qui était jadis, il est vrai, un terrain de manœuvres militaires), en présence de nombreuses personnalités civiles, au premier rang desquelles se trouvait le préfet de Lot-et-Garonne Patricia Willaert. On aura noté la présence de plusieurs parlementaires (la sénatrice Christine Bonfanti-Dossat, les députés Michel Lauzzana et Olivier Damaisin), du maire d'Agen Jean Dionis du Séjour, etc

Particularité cette année, une délégation de la ville jumelle de Dinslaken était invitée aux cérémonies, conduite par le maire de la cité allemande. Cette délégation était aussi composée de représentants d'associations militaires d'outre-Rhin, dont des officiers en tenue de la Bundeswehr. Ils voisinaient avec les anciens combattants et porte-drapeaux français, tous incarnant l'amitié franco-allemande, qui sera à nouveau à l'honneur ce matin place du Pin.

S'agissant du défilé, il s'est déroulé sans anicroche, et fut animé par les troupes et véhicules du 48e Régiment de transmissions, mais aussi par la gendarmerie nationale, la police municipale, la Croix-Rouge et les sapeurs-pompiers. L'Enap était aussi présente.

Le général Egloff et le colonel Chabot ont également remis des décorations. Emile Legendre a été fait commandeur de la Légion d'honneur, le lieutenant-colonel Schiratti chevalier dans le même ordre ; l'adjudant-chef Dumas-Vorzet a reçu la Médaille militaire, ainsi que M. Pecal. A noter que le ruban rouge arrive a point nommé pour le lieutenant-colonel Schiratti, qui quittera à la fin du mois l'active après des décennies de service.

Un vin d'honneur a clos la cérémonie, mais pas la soirée puisque le feu d'artifice puis le bal ont ensuite poursuivi les festivités.

 

S.Bo.

Superbe cérémonie hier matin au jardin du Pin, où a été dévoilée la (nouvelle) statue de la Marseillaise, créée par Dagonet en 1903 et disparue en 1942.

On attendait cette inauguration avec impatience, et elle fut récompensée. La cérémonie de présentation de la statue la Marseillaise, au jardin du Pin, a en effet été un moment exceptionnel, vécu par des centaines d'Agenais hier matin.

Tout a commencé vers 10 heures, en ce 14 juillet 2018. De la place Jasmin, des véhicules anciens ont remonté la République et son fameux boulevard, pour rejoindre le Pin, ex-place du 14-Juillet. Les voitures du début XXe siècle ont partagé la route avec des calèches tirées à cheval, sur lesquelles étaient montés des sans-culottes, dignes représentants des assaillants de la Bastille, en 1789.

Recouverte d'un drapeau tricolore

Au square du Pin, quelle foule ! Sous un soleil ardent, des centaines de personnes s'étaient déplacées pour vivre cette journée historique, des élus, des parlementaires, les musiciens du conservatoire, différents chœurs, les porte-drapeaux, les présidents des quartiers 4, 5, 18 et 22. Le maire de Dinslaken Michael Heidinger se tenait aux côtés du maire d'Agen Jean Dionis. Une délégation allemande est en effet depuis quelques jours sur place, spécialement invitée à cette fête nationale agenaise marquée par l'amitié franco-allemande.

Après des poèmes et textes lus par des adolescents, le drapeau tricolore recouvrant la statue a été retiré, et la Marseillaise est alors apparue à tous. Intense émotion : l'enfant chérie est de retour chez elle, après avoir été sacrifiée en 1942.

Dans son discours, le maire d'Agen a rappelé une histoire, déjà longuement évoquée par notre journal. Cette statue de Dagonet avait été installée à Agen en 1903, alors qu'elle était destinée aux jardins du Luxembourg à Paris. Ce jeune tambour brandissant du laurier symbolisait la République vaillante, résistant aux tentations monarchistes comme aux assauts prussiens… La Marseillaise était donc au jardin du Pin, mais fut déboulonnée par Vichy en 1942 pour répondre aux exigences allemandes : il fallait du métal pour fabriquer des armes… Dans les années 2010 deux hommes ont alors contribué au retour du monument : Gino Cortinovis, qui avait fait la promesse à sa maman de faire revivre ce tambour de bronze et Jean-Pierre Koscielniak, historien de la Seconde Guerre mondiale. Le moule d'origine a été trouvé, puis un double à Riom. D'autres étapes se sont succédé jusqu'à la fonte d'une copie, qui a été inaugurée hier matin.

Cette histoire controversée a été rappelée hier par le maire d'Agen. Lui et les élus agenais, sous l'impulsion des quatre conseils de quartiers concernés, avaient compris en lançant ce projet que la Marseillaise illustrait bien plus désormais : la paix entre la France et l'Allemagne. L'élan du tambour de bronze, c'est désormais celui de l'Europe sur le chemin de la réconciliation.

«Das Deutschlandlied»

Le maire de Dinslaken Michael Heidinger s'est également livré à un vibrant discours, louant la fraternité entre la France et l'Allemagne, via le jumelage Agen/Dinslaken. «Fondre la fierté nationale pour construire des armes fut une perfidie», a-t-il expliqué en substance. «Cette humiliation (en 1942) n'a pas fonctionné.» M. Heidinger, qui était, lui aussi, hier chez lui à Agen, a terminé son allocution par ces mots en français : «Vive la paix, vive l'Allemagne, vive la France et… Allez les Bleus !»

Les formations musicales présentes (Agen orchestra, les ensembles Expression et Oratorio ainsi que le Chœur d'hommes d'Auvignon) ont ensuite interprété «la Marseillaise», l'hymne allemand («Das Deutschlandlied») et bien sûr «L'Ode à la joie» de Beethoven (Union européenne).

Tous les invités, et la population, se sont ensuite retrouvés sous la halle du Pin pour un apéritif. Républicain, cela va de soi.

Sébastien Bouchereau